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Manifeste 2009

Évacuons l’âge de raison, celui qui nous rapproche de la concession, de la désillusion et la pose du blasé qui l’accompagne. Dissipons la crainte de subir une histoire qui n’est pas la nôtre. Retroussons nos manches et prenons le risque d’éteindre notre BlackBerry sur le pas de la porte.

Sortons la tête de l’eau, entrons dans l’Histoire pour créer la nôtre, les deux pieds dans le plat sans ménagement ni pour nous ni pour personne.

Définissons nos responsabilités sans que quiconque ne nous en impose d’autres. Abattons les cloisons futiles pour ne conserver que les murs porteurs. Virons les meubles IKEA, le home cinéma 5.1 et définissons les nouvelles règles d’une guérilla urbaine pacifique afin de rendre tangible la possibilité d’une île dans le pays des étangs.

Portons sur des écrans de béton parfois décrépis, aspirations, frustrations, projections.

Occupons ces lieux chargés d’anecdotes déterminantes, de promesses sans lendemain et porteurs de symboles forts, bancs publics gravés au cutter, passages ignorés, friches et territoires en réhabilitation, secteurs désaffectés et atrophiés « à qui l’on réapprend à vivre ».

Maintenant ou jamais, réapproprions-nous notre époque, trop longtemps pensée comme hors de notre portée.

Avec simplicité, investissons un terrain vague de liberté, promesse artistique et collective. Entamons une réflexion décloisonnée riche d’une curiosité omnivore et construisons un espace d’une connaissance buissonnière sans limites, loin de l’objectivité des analyses politiques de 52 sur la Une.


Notre festival sera une rencontre pure et simple, amoureuse le temps d’un coup de foudre, politique le moment d’un soulèvement, totale l’instant d’une révolution artistique.
Ou ne sera pas.

A l’affirmation « Je n’aimerais pas avoir votre âge aujourd’hui », répondons désormais

C’est notre histoire .

 

L'explosion du cadre de la manifestation

Forts d’une volonté désormais assumée de nous affranchir d’une image de respectabilité et d’un besoin de reconnaissance paralysant, nous nous devions, pour ne pas tomber dans le confort des repères et la facilité de la répétition, de réinventer la formule de cette manifestation.
Si 2009 se devait logiquement d’accueillir la 8ème édition du festival du court métrage d’Altkirch, nous avons pris le parti de redéfinir nos envies et de proposer une édition neuve et ambitieuse sous une nouvelle identité : le KKO (Kino Knock Out) Festival.

Nous associerons, mixerons, mêlerons le souvenir des images, l’identité des hommes et la mémoire des lieux pour en extraire un bloc fragmenté aux multiples vérités, fruits de la subjectivation et miroirs de nos sensations.

Nous projetterons idées, sons, images, génériques, multitude de manifestes, de déclarations d’intention, de proclamations parfois péremptoires, d’autres fois naïves, violentes ou ironiques mais toujours sincères afin d’agir et d’interroger une époque qui est la notre.

Nous collecterons les histoires individuelles, les souvenirs de chacun qui sont autant de fragments de notre mémoire collective…

Nous diffuserons des images d’archives et photos de familles mêlées aux films et photos d’artistes, imbriqués dans les lieux collectifs et mis en scène par la lumière.

Nos installations seront éphémères.